Doux printemps

Le printemps.

On le sent dans nos tripes. Le visage cherchant les rayons de soleil, les promenades qui s’allongent, le ménage qui s’impose.

Un renouveau. Un réveil après la torpeur de l’hiver, le désir de créer, de mouvement, de repartir à neuf. C’est universel et c’est tellement beau. De voir que nous sommes des êtres de la nature. Que peu importe nos croyances, notre religion, notre histoire, nous avons tous en commun de suivre ce mouvement cyclique et symbolique.

Ça me fait penser à mon petit bourgeon du printemps. Les jours sont comptés avant de donner la vie pour la première fois et c’est _________ (écrire ici toutes les émotions de la gamme émotionnelle).

Le processus a été comme tout cheminement : inégal, parfois cahoteux, mais aussi souvent sous un soleil éblouissant de clarté. Outre ce ventre qui m’empêche désormais de voir certains organes de mon anatomie (hihi), c’est une métamorphose tellement plus profonde qui s’opère.

Pachamama. La terre-mère. C’est maintenant que je comprends mieux le symbolisme de la terre et de la mère. Il y a certes ce côté nourricier, fertile, mais c’est plus que ça. J’ai réellement les 2 pieds sur terre depuis que je suis enceinte. À un tel point qu’il m’est difficile de m’évader dans certains types de méditations ainsi que dans ce qui m’est moins tangible.

La grossesse m’a solidement ancrée. J’ai atterri. Je me sens moins à la recherche constante. À cette recherche qui nous mène aux 4 coins du monde, qui nous pousse à toujours chercher le bonheur à l’extérieur de nous. C’est énorme pour moi. Comme si j’avais besoin de m’être trouvée avant de pouvoir aider quelqu’un d’autre à grandir. Je me dis parfois que j’aurais voulu commencer à avoir des enfants bien plus jeune, mais en même temps, non. J’ai vécu toutes ces aventures, tous ces questionnements pour me permettre d’être exactement là où je devrais être aujourd’hui.

On m’a demandé dans un atelier d’écriture quand on sait qu’une histoire est terminée. On le sait. On le sent.

Je serai mère. Ouf. Je dois me le répéter.

C’est facile les photos lichées du quotidien des nouvelles mamans. Le beige, le panier en osier, #bonheur. Mais c’est tellement plus que ça. Ça ne sera plus jamais juste moi. Dans toutes mes imperfections, je dois veiller à être la meilleure version de moi-même. À ne pas perpétuer des comportements qui ne me servent plus. À léguer ce qu’il y a de plus sain en moi. C’est un travail à grande vitesse qui s’opère. Le ménage du printemps.

Le voici le lien avec le printemps! C’est un peu décousu, mais pas tellement au fond. Car le printemps nous enseigne tout ça. L’impermanence. Que rien ni personne ne peut interrompre le cycle des perpétuels changements; notre corps, nos priorités, nos intérêts. Il nous enseigne à revenir à nos racines avant de vouloir nous élever. À avoir confiance au processus. À ne pas chercher à tout comprendre, tout contrôler. À travailler à vivre avec attention. À être là, simplement (mais pas si simplement).

Et surtout à donner assez d’espace pour que ça germe.

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