La boite

Au creux d’une matrice, je suis née.

Au travers de barreaux, je me suis développée.

On m’a enseigné à jouer dans ma chambre, avec mes jouets.

Je recrée moi-même ce modèle; ma maison de poupée, des personnages aux habits bien soignés.

J’ai appris à colorier sans dépasser les lignes.

Le premier jour de ma liberté, on me rappelait mon espace; mon pupitre, mon casier.

J’attends en ligne à ma place.

Je circule à droite.

Je dors entre 4 murs, me déplace entre 4 murs, travaille entre 4 murs, garde la forme entre 4 murs.

J’ai mon terrain délimité de camping.

Je nage dans un couloir de natation.

Je coche des cases : femme, conjoint de fait, blanche, 18-35 ans.

Je pratique le yoga dans les frontières de mon tapis.

Je m’évade dans les pixels d’un écran.

Par ma fenêtre, je regarde la nature encore vivante.

Cette chambre blanche est mon nouveau contenant.

Mon corps est ma prison.

Je meurs dans une boite, placée dans une autre boite.

Celle que j’aurai moi-même choisie.

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