Moi mes crayons ont beaucoup dessiné

J’ai recommencé à colorier grâce à mon amie Patricia qui a lancé son premier cahier à colorier. Oui, oui, colorier. Je dis recommencer même si je ne saurais dire quand j’avais arrêté. J’imagine à l’âge où les garçons sont devenus plus intéressants que des motifs de cactus.

C’est un véritable rituel. Je mets un album de musique que j’écoute de A à Z. Comme l’artiste l’a créée. Je tamise les lumières, me prépare une tasse de thé.

Quand je me suis installée la première fois pour attaquer mon œuvre d’art, mes idéaux étaient pas mal élevés. Je m’attendais à être en transe à chaque coup de crayon, en immersion complète, en méditation éveillée. Douche froide. C’était l’autoroute de planification habituelle dans ma tête. J’oublie souvent l’importance du terme pratique, comme dans une pratique de méditation. Ça s’apprivoise ces petites bêtes.

Mais à chaque coup de crayon, j’apprends plus sur moi. Sur ma tendance à vouloir suivre les lignes sans jamais dépasser, à mon obsession à terminer un dessin dès que je l’ai entamé, à mon empressement à passer au suivant. Ça me rappelle pourquoi je ne fais plus de casse-tête d’ailleurs.  

Patricia dit son introduction : « Respectez le résultat tel qui apparait, il sera original et à l’image de votre état d’esprit ». C’est vrai. Je regarde chaque dessin et me rappelle l’état dans lequel j’étais. Les couleurs choisies, la spécificité des traits de crayons.

Il y a quelque chose de tellement beau à revenir à des plaisirs d’antan. Dessiner, faire la roue, jouer au parc avec des enfants. Quand je dis que je dessine, la réponse quasi immédiate est : tu as donc bien du temps! Ha le temps. J’ai pourtant le même temps que tout le monde, mais je choisis ce que j’en fais. C’est un peu comme quand on me dit à quel point je suis chanceuse d’être travailleuse autonome et de prendre congé n’importe quand (parce que nous savons tous que c’est juste ça être travailleur autonome!).

Ce n’est pas de la chance, ce sont des choix. Des choix qui demandent de réorganiser sa vie, de parfois nager à contre-courant. Des choix qui m’ont été enlevés dernièrement, sans que j’aie le droit de veto. C’est drôle quand même la démocratie parfois. 

Bon, je m’éloigne du sujet.

Récemment, ma nièce du haut de ses 4 ans est venue chez moi. La première chose qu’elle a vue est le cahier et les crayons à colorier. Je l’entends s’exclamer, les crayons déjà en mains 

  • Des mandalas!!

Et moi affolée de lui répondre :

  • Nonnnnnnn c’est MON cahier.

Pauvre puce, elle a hérité à la place d’une vieille feuille lignée pour immortaliser sa créativité. On ne change jamais vraiment.

Pour vous mettre au dessin à votre tour: https://www.patleduccreations.com/

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