S.O.S j’écoute

Je remarque à quel point l’écoute est une denrée rare de nos jours. Est-ce en raison du stress, de nos vies surchargées, de nos esprits parfois éparpillés?

Peut-être n’avons-nous jamais vraiment appris à écouter au fond.

Cette écoute où l’on se met 100% disponible, sans juger, laissant de côté nos filtres, permettant au silence de nous transmettre ses réponses. Car c’est dans ce silence que l’on entend les plus grandes vérités, a dit le Dalaï Lama.

Tout de même intéressant comment à la lecture de ces dernières lignes, l’écoute de l’autre ressemble étrangement à l’écoute de soi.

Je me surprends à parfois écouter distraitement, quand je suis fatiguée ou que j’en ai trop dans la tête, quand le sujet ne m’intéresse pas ou encore quand je me concentre sur la réponse que je vais donner. J’imagine que c’est la définition de l’écoute non-active. Et je fais la même chose avec moi-même. Il m’arrive de ne pas écouter mes propres signaux, de préférer regarder dans l’autre direction quand la réponse qui surgit n’est pas celle que j’aimerais recevoir.

Car s’écouter, ça peut être confrontant.

Quand mon corps me dit que je devrais me reposer, mais que je préfère faire une énième tâche ménagère.

Quand je dis oui alors que la réponse criante est non.

Quand j’agis pour plaire plutôt que par authenticité.

Cela me fait penser à mes promenades avec mon bébé Gabrielle collée à mon cœur dans son écharpe, un apaisement instantané pour elle.

Au début, je consommais les podcasts ou en profitait pour parler au téléphone, mais depuis peu j’ai décidé d’écouter. D’écouter le silence de la nature, le souffle de Gabrielle, d’écouter le courant de mes pensées. Le calme que ça m’apporte est indescriptible. C’est là que j’ai eu ma mini épiphanie. Que le premier pas vers l’écoute est l’écoute de soi. Un peu comme le vieux dicton « Il faut s’aimer pour pouvoir aimer autrui ».

Tout commence par soi, faut-il se le rappeler encore et encore.

Je termine sur un phénomène que j’ai observé dernièrement en vous livrant mon récit d’accouchement. Plusieurs m’ont écrit pour me dire quelques mots sur leur propre histoire, pour se vider le cœur d’une certaine façon. Et immanquablement, ces personnes s’excusaient de s’être confiées. Me disaient qu’elles ne savaient pas pourquoi elles me livraient tout ça.

Parenthèse. Il n’y a rien qui me fasse plus plaisir que de savoir que mes écrits vous accompagnent d’une façon ou d’une autre. Il n’y a rien qui me fasse plus plaisir que de vous entendre et par la bande me sentir moins seule derrière mon ordinateur. Fin de la parenthèse.

Alors pourquoi s’excuser? Avons-nous perdu à ce point l’habileté d’écouter qu’il nous est maintenant difficile de partager nos émotions par peur de déranger?

J’espère que de poser la question est d’y répondre.

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