Se contenter

Dans ce monde gouverné par la vitesse et la technologie, je m’aperçois à quel point il m’est difficile de me contenter.

Dès mon jeune âge à l’école privée, on m’enseignait à être la meilleure. Médecin, avocat et ingénieur étaient dans le palmarès des professions recommandées. Une technique au cégep? Sacrilège, sortez de ma classe!

On m’a appris à ne jamais prendre non comme réponse. À défoncer des portes, à courir vers mes buts. À exceller.

Mais ce n’est jamais assez.

J’ai compris à tort que nous cherchons bien-être et équilibre via l’excès. Dans cet excès sportif, alimentaire, professionnel, spirituel. Dans cet excès qui se vend si bien comme un mode de vie sain en cette ère où nous prônons la performance. Puisqu’il faut bien l’admettre, nous valorisons les carrières qui grugent l’énergie jusqu’à la moelle épinière, nous adulons les corps minces et sportifs, mais fermons les yeux devant les moyens empruntés pour s’y rendre.

Viennent alors les médias sociaux nous laissant trop souvent avec une impression d’inachèvement, de manque. Une constante recherche de plaisirs qui se perpétue au fil des jaimes trop nombreux. Un médium nous rappelant qu’on pourrait toujours faire plus. Qu’il y a invariablement une autre personne ayant une longueur d’avance sur nous.

Et donc s’accumulent les projets, les objectifs.

L’essentiel de mon temps se résume trop souvent à exécuter des tâches dans l’espoir de dégager un peu d’espace pour être. Pour avoir enfin cet espace mental pour créer, imaginer, jouer. Vient un moment où il n’est juste plus possible de suivre la cadence. J’enrage toujours de m’être moi-même piégée, me laissant prendre dans les nombreux « je dois ». Des « je dois » après lesquels personne n’attend.

On en parle sans cesse du désir de retourner à la maison, dans son soi. Mais connaissons-nous vraiment le bon chemin pour y arriver?

Rationnellement, on a tout pour être heureux, mais intrinsèquement, il nous manque tout pour être heureux.

Il est grand temps de se remettre du Kathleen dans les oreilles et hurler à tue-tête :

Ca va biennnnnnnnn
Même quand il pleut
Le soleil me tend la main
Ca va biennnnnnnnnnn

Ce sera déjà un bon début.

Partager l’article