#vulnérable

La vulnérabilité est à la mode de nos jours. La photo sans maquillage sur Instagram, celle nue où l’on perçoit un peu de cellulite, celle au regard profond.

#vulnérable

Coupable.

Je vous imagine avec votre sourire mi-amer puisque vous vous reconnaissez. Et il n’y a pas de honte à ça. Au fond, c’est salvateur montrer les côtés de nous moins glorieux. Parce qu’on est fatiguées. Épuisées de prétendre. De perpétuer une image parfaite.

La mère parfaite, l’amie parfaite, la professionnelle parfaite, l’amoureuse parfaite.

Parfait :
Qui est ce qu’il est de façon absolue, sans la moindre restriction
Qui est tel au plus haut degré ; complet, total
Qui a toutes les qualités qu’on attend de lui

Ouf, c’est lourd à porter ça.

Mais donc, qu’est-ce que la vulnérabilité?

Pour moi, c’est beaucoup plus qu’une photo, plus qu’un coming out trimestriel. Ça s’apprivoise. Ça se développe avec le temps. C’est une façon d’être, de vivre.

Ça commence avec avouer ses torts au quotidien. Dans son milieu professionnel, avec sa famille, avec ses amis. Ça continue avec demander pardon pour ces torts. C’est d’exposer ses noirceurs et ses peurs à la personne qu’on aime. C’est d’avoir une mauvaise journée et ne pas sentir le besoin de le cacher. C’est d’affirmer « je ne sais pas ». C’est d’accepter ses défaites. C’est l’inconfort de ne pas être parfaite. C’est ressentir toutes les couleurs de la palette.

C’est du travail en s’il vous plait.

C’est surtout un travail qui ne s’illustre pas, qui ne se partage pas aisément. Un travail qu’on fait pour soi. Un travail pas tant sexy.

On m’a posé beaucoup de questions sur mon roman, sur le fait que j’ai choisi d’exposer des histoires plutôt taboues qui me montraient (ou montraient Gabrielle devrais-je dire!) plus vulnérable. On m’a demandé si j’avais pensé publier sous un pseudonyme. On m’a demandé si j’avais honte.

La réponse est non. Si l’écriture de ce roman m’a appris une chose, c’est qu’il ne sert à rien de cacher la personne qu’on est vraiment. Le besoin de plaire fait son temps. Et quand ce temps-là s’est écoulé, il ne reste rien d’autre que notre petite voix. Celle qui résonnera jusqu’à ce qu’on l’écoute vraiment. Notre noyau véritable. Notre identité profonde, au-delà de ce qu’on nous a inculqué, des attentes des autres et de ce que l’on considère comme étant raisonnable, normal.

La vulnérabilité est le chemin vers l’authenticité. Ne reste plus qu’à se demander; que signifie être authentique?

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